Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présentation

  • : le blog attentiontravaux.suite
  • : Famille, lectures, humeur du jour.
  • Contact

  • bricol-girl

visiteurs

Archives

Articles Récents

27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 07:44
campanules-22-mai.jpg                                                            Campanules avant l'orage.

Dans les années 6o j’étais éducatrice dans l’enseignement spécialisé.  Trente garçons de 10 à 14 ans sous ma responsabilité et à ce tître je devais les emmener le jour de la Pentecôte à la fête du village. Le samedi récurage complet, linge propre, chaussures cirées, j’ai appris que la salive lustrait bien mieux le cuir que le cirage, petit chantage pour les plus turbulents et récompense pour les plus sages. Ces enfants n’allaient dans leur famille qu’une fois par an, pour les plus chanceux, les autres passaient toute leur jeunesse à l’institut. C’est pourquoi cette fête révêtait des allures magiques.
Juste après le repas de midi direction les vestiaires pour mettre les « habits du dimanche », ceux de l’assistance publique avaient un trousseau tout à fait convenable mais ceux qui dépendaient de leur famille pour les vêtements se trouvaient souvent dans l’obligation d’aller piocher  auprés des lingères une tenue décente, à leur taille et complète. Ce cérémonial accompli, la distribution de  quelques francs les mettaient en joie et départ en rang par deux  pour le village, 3 kms qui allaient déposer un peu de poussière sur les chaussures, mais les plus malins avaient pris  un chiffon dans la poche. Pour nous éducateurs c’était une corvée sans nom, arpenter la fête de long en large toute l’après-midi, les flonflons, les odeurs de frites, la cohue, la chaleur et  l’œil aux aguets pour répérer les enfants. En principe pas de soucis avec eux, tout le monde s’accordait à dire qu’ils étaient bien tenus, bien élévés, mais une bagarre avec les autres jeunes était toujours à craindre pour un mégot ramassé par terre ou un forain qui aurait abusé de la crédulité de certains. Retour toujours à pieds, sous l’orage traditionnel et fini la corvée pour une année.

Quand mai 68 est passé par là, des mini-bus ont permis les déplacements motorisés, les enfants partaient un peu plus souvent chez leurs parents et maintenant je les vois passer mais sans les habits du dimanche et ils ne disent plus bonjour ni merci…

Partager cet article
Repost0

commentaires

L
j'aime bien lire tes instants de vie...la vie était quand même assez dure dans cet institut... il y régnait une certaine discipline . et je suppose que maintenant .l'éducation  a changé .... et ainsi va la vie...
Répondre
B
Dure parcequ'ils ne voyaient pas souvent leurs parents qui les négligeaint beaucoup.
M
Je partage plutot l'avis de Baby la Malice, il y a les impolis et aussi les autres, timides, n'osant pas saluer, dois-je ou ne dois-je pas ?Notre société a peut-être aussi mis des barrières entre les générations.  Bonne soirée
Répondre
F
Au moins un but dans l'année pour se réjouir ! J'aime bien ton billet.Tu vois passer ces enfants qui ont grandi et sont adultes maintenant, ou des enfants d'auj'ourdhui ?
Répondre
L
Eh oui les temps changent les enfants ne sont plus ce qu'ils étaient ,et parfois on le regrette .J'adore les jolies campanules que tu as mis ce bleu est vraiment incomparable .Bonne journée 
Répondre
F
Sans doute qu’aujourd’hui ces enfants devenus adultes, garde de bons souvenirs de ces sorties et de surcroît cette génération sait encore dire bonjour et merci.
Répondre