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7 février 2007 3 07 /02 /février /2007 18:51

En 1887 j’ai 19 ans, le petit dernier de la famille, Raoul, a fait son entrée dans notre vie. Sans pour autant négliger une éducation religieuse très stricte et des devoirs envers ceux qui sont beaucoup plus mal lotis que nous une vie mondaine s’ouvre devant moi, réceptions et bals se succèdent, je sens comme une impatience autour de moi : « Jeanne devrait trouver un mari »

Je ne suis pas très pressée, la vie au sein de notre famille est bien agréable, la gaieté et la bonne humeur règnent, papa revient toujours de l’hôpital avec des histoires horribles qui nous font frissonner mais nous émerveillent aussi. Un jour il nous fait part de sa rencontre avec monsieur Pasteur. La vie est pleine de surprises, les voitures sans chevaux, à moteur, font un bruit effroyable dans les rues.Le téléphone est bien pratique pour prendre rendez-vous avec des amies.

Grâce à l’éducation qui nous est dispensée nous sommes à l’aise partout, nous pouvons fréquenter toutes les couches de la société, nous savons rester humbles mais une chose manque à mon éducation « Où  sont les cuisines ? »

Un jour que je ne sais pas si proche cette ignorance va me faire cruellement défaut. L’assassinat du président Sadi Carnot fait couler beaucoup d’encre.

En 1888 Monsieur Eastman invente l’appareil photo, plus besoin d’aller au studio Nadar. Par contre je dois endurer de longues séances de pose quand un peintre vient faire mon portrait et devant le résultat j’ai bien du mal à rester modeste.

Dans les théâtres Courteline remporte un vif succès avec des pièces que l’on juge un peu trop légères pour moi, mes petits frères lisent Hector Malot et pleurent en cachette. Un jeune homme nommé Marcel Proust commence à défrayer la chronique mondaine.

Les vacances  de 1890 nous ramènent les cousins de Mazamet, avec cette fois-ci un ami. Il s’appelle Léonce J, sa belle prestance me chavire le cœur, il est protestant, tout va bien, il possède une usine de cartes perforées pour les orgues de barbarie, fiançailles et mariage vont suivre.

Les cadeaux sont nombreux, papa et maman connaissent tant de monde, Les Pleyel nous ont offert un piano à queue, un peu mesquin, en tant que fabricant ont-il du penser, une armoire bretonne a suivi… Le  22 avril 1891 nous avons unis nos deux vies pour une éternité bien courte.

Je suis plus que jolie,la cascade de mes cheveux roux touche le sol je suis jeune, j’aime mon époux profondément, nous partageons la même foi, nous désirons des enfants, le ciel nous gâte.

 

 

 

 

Le piano à queue a disparu, l’armoire bretonne est chez Pomponette, elle renferme tous les albums photos, le portrait qui a demandé tant d’heures de patience à Jeanne est dans le salon et c’est l’exacte vérité qu’enfant Jeanne ne savait pas où étaient les cuisines. Autres temps, autres mœurs, autre manière de vivre, quelque fois j’aimerais aussi ne pas savoir où est la mienne

 

 

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commentaires

O
Je me répète sans doute, mais tes chroniques de Jeanne sont un pur régal. J'espère que tu les rassembleras dans un recueil. C'est très précieux.
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C
merci ,jolie lecture pour un matin gris...
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B
Ne lis pas les blogs plus que 43 jours...
L
Encore un récit agréble à lire !
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B
Merci lilounette.
P
Le temps du bonheur et de l'insouciance. Charmante Jeanne.
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B
Un temps trés court.
M
Moi la cuisne je sais où elle se trouve. Par contre le panier à linge sale...
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B
Les chaussettes trainent par terre?