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26 août 2007 7 26 /08 /août /2007 07:05
boutis.jpgjustine.jpg

















C’est un boutis ancien aux couleurs délicates et passées, rose et bordeaux, usé, fané, mais si précieux que Pomponette s’est attelée à sa restauration et nous voici transportés par la magie de la mémoire dans un petit village de l'Aude, dans les Corbières, à quelques kms des Pyrénées. Village orgueilleux, gardé par un château cathare en ruine. Pour accéder à Tuchan il faut passer un col à 900 mètres d’altitude, modestement nommé « Col d’Extrème »…Pomponette est née dans ce village, les vignes l’entourent et les habitants sont dotés d’un accent rocailleux qui sent bon la garrigue. Mon grand-père est né aussi dans ce village , sa marraine aussi. Justine est une petite fille de 6 ans (à peu prés) dans la journée elle va avec sa sœur garder les chèvres et comme il n’est pas de bon ton de rester les mains inactives, elle emporte son ouvrage, le boutis. Elle mettra 2 ans à le faire. Justine est née sans doute dans les années 1860, elle ne savait pas exactement, une longue vie de travail de la terre, toujours vêtue du costume languedocien, toujours la coiffe sur la tête, pendant la guerre elle a subi l’outrage suprême pour elle quand les allemands l’ont obligé à enlever le foulard pour la prendre en photo. Quelle honte de montrer ses oreilles et ses cheveux. Pour Bon-Papa elle était « marraine », pour maman « marraine Justine » qui l’emmenait à la messe dés son plus jeune âge et la bourrait de bonbons poisseux qu’elle sortait de la poche de son tablier. Pour moi ce fut « la vieille marraine » qui ne parlait que patois, et vivait dans une maison sombre, pas très rassurée Mab.
Marraine Justine est morte à 90 ans, tous les jours en passant devant son armoire et sa commode je pense à elle…
Donc Pomponette ravaude, reprise, coud et se souvient, Pomponette, nourrie de romans policiers est une farceuse : entre 2 morceaux de tissus elle a glissé un papier, énigme pour les générations futures, sur lequel elle a écrit les nom et prénom de marraine avec un grand point d’interrogation.
J’ai intérêt à laisser des indices pour les petits sinon Justine sera oubliée à jamais, elle et son boutis.

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29 juillet 2007 7 29 /07 /juillet /2007 06:53
12-ans-d--j--.jpg

Hier soir concert de Julien Clerc à la télé pour cloturer une journée complètement surréaliste : failli oublier d’aller chercher la robe de Fille Unique, décoration de la salle, de l’église, derniers préparatifs, les invités commencent à arriver, Maky s’occupe de la K7 pour l’entrée et la sortie de l’église, répète la valse avec sa fille, il est complètement « out » épuisé de me voir m’agiter en tous sens, nous guettons les bulletins météo avec angoisse, qui avons-nous oublié ? Qui ne pourra pas venir au dernier moment ? les chats à mettre en pension pendant 2 jours, les fleurs arrivent à un rythme soutenu, penser aux pourboires, à midi on sera combien ? pas trop de vin à table pour éviter les énervements. Les préposés à la sono ne sont pas là, le photographe oui, Fille Unique est sur son nuage, moi sur une poudrière, son mari me semble un peu à l’ouest, il faut le maintenir à flot, papa s’inquiète de tout et de rien, Pomponette a déjà mis la robe, tiens où sont mes gants et mon chapeau, trop de monde dans les coursives, et le traîteur est-il sur place, et, et, et… C’était il y à 12 ans, elle voulait un beau mariage elle l’a eu, elle savait et moi aussi que cela ne durerait pas, mais « Petinamour1 » est là et pendant un an j’ai pris beaucoup de plaisir à organiser cette journée. Il a fait un temps magnifique, j’ai perdu 5 kilos en 2 jours, pas de flop, tous nos amis étaient là, la famille venue de loin aussi, un beau mariage.

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5 juin 2007 2 05 /06 /juin /2007 06:59
Alg--rie--photo.jpg

Nous sommes en Algérie depuis 1 an, nos voisins algériens décident de s’expatrier en France afin de donner une meilleure éducation à leurs 3 enfants. Jolie maison, belle situation, lettrés et cultivés, les enfants au lycée français, ils veulent tout quitter pour se retrouver dans un appartement minuscule à Paris, sans travail avec pour tout revenu le loyer qu’ils pourraient obtenir en laissant leur maison à des français, nous en l’occurrence. Une des fonctions de Maky est justement de loger les coopérants, l’affaire est rondement menée, les M. ont bien pesé le pour et le contre : Tout pour les enfants, ils sont brillants et méritent ce qu’ils considèrent comme le mieux pour leur scolarité. Dans leur pays ils font partie des nantis, que deviendront-ils à Paris ? Je les admire d’avoir le courage d’un tel choix de vie. Ils aiment le soleil, la mer, ils laissent toute leur famille, mais je ne savais pas à quel point ! Nous les avions toujours vu avec 3 enfants, en fait ils en avaient 4. Une tradition veut que la première fille qui vient à naître dans un foyer soit « donnée » dès les premiers mois de sa vie à la grand-mère paternelle, c’est une pratique courante, perturbante pour l’enfant qui appelle « maman » sa grand-mère tout en sachant que ce n’est pas le cas, traumatisante  sans doute pour la mère qui elle aussi a connu cette situation. Cette petite fille sera aimée et choyée, je n’en doute pas mais dés qu’elle aura  10 ans elle deviendra une petite Cendrillon. Les filles ont moins de valeur que les garçons c’est bien connu, mais j’avoue que j’ai été marqué par cette histoire. Ces gens  étaient pétris de culture française mais la coutume avait été la plus forte et ils ne semblaient pas plus attristés que ça.
Je me demande si cette tradition perdure encore, presque 30 ans après. Je me garderais bien de juger, je relate une situation vécue tout simplement.

Les M. sont partis à Paris, nous avons habité leur maison pendant 3 ans, petit à petit les nouvelles venant de France se sont espacées, puis plus rien. J’aurais bien voulu savoir s’ils avaient concrétisé leur rêve, s’ils étaient revenus dans leur pays natal et si leur fille aînée s’était mariée et avait donné naissance à un bébé-fille !

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28 mai 2007 1 28 /05 /mai /2007 07:51
BROUETTE.jpg                                                                 Pas de jardinage hier, pluie, pluie, pluie ert froid.

Afin de mieux répondre à vos commentaires d’hier je fais un petit retour en arrière.

En 1948 Papa et nous quittions le midi, mes grands-parents et il prend ses fonctions de surveillant général dans un IMP pour en enfants « arriérés » C’est ainsi qu’à cette époque on appelait les jeunes qui avaient un retard scolaire important, ceux qui avaient subi les traumatismes de la guerre, les orphelins qui étaient à l’assistance publique et les cas sociaux qu’il valait mieux couper de leur famille. J’avais 4 ans, seul le directeur possédait une voiture, les tickets de rationnement existaient encore, nous étions logés, nourris, chauffés et blanchis, une aubaine. L’institut se trouvait, et se trouve encore, dans un environnement magnifique, un château entouré d’hectares de forêt. 110 garçons venus de la France entière qui pour certains vont rester de 6 à 18 ans, oubliés par leurs parents. Dortoirs chauffés, nourriture abondante, scolarité et apprentissage d’un métier. Juste après la guerre il faut bien dire que certains avaient vécu des horreurs, les petits de 6 ans étaient bien jeunes pour vivre en internat, mais tout ce passait bien. Pas de violence comme on peut en voir de nos jours, de temps en temps une bonne bagarre générale qui finissait à l’infirmerie. Des enfants caractériels mais non dénués d’une certaine intelligence pour la grande majorité le terme « arriéré » n’était pas approprié, plus tard on a dit « débile léger ». Aujourd’hui ils seraient dans des classes de perfectionnement. Malins, débrouillards, gentils et attachants, sont les mots qui me viennent à l’esprit.

Quand moi-même y est commencé à travailler, ils sortaient tous de l'IMP en sachant lire et écrire, avec un métier : peintre, jardinier, maçon, cordonnier, cuisinier, ils trouvaient facilement un emploi.
Mariée et enceinte jusqu’aux yeux ils me disaient toujours « Mzelle Marie-Blanche », quand Fille Unique a eu 1 an c’est avec eux qu’elle a fait ses premiers pas. Issus de familles nombreuses, ils avaient une expérience des petits qui me faisait parfois défaut.
J’en ai revu beaucoup, certains avec femme et enfants, un travail, une voiture, ça fait plaisir.
Mais quand je dis que maintenant ils ne disent plus bonjour ni merci, je parle de ceux d’aujourd ‘hui que je vois passer régulièrement, j’ai de façon sporadisque des échos sur ce qui se passe la-bas, la direction ne cesse de changer, les familles sont plus présentes certes, mais il vaudrait mieux pour certains  ne pas y aller  s’affaler devant la télé tous les week-end. L’institut est mixte maintenant, les cas plus lourds qu’avant, les activités pas adaptées, à mon avis, à leur futur. Est-ce bien nécessaire de leur donner le goût de l’équitation ou du golf ?

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 07:44
campanules-22-mai.jpg                                                            Campanules avant l'orage.

Dans les années 6o j’étais éducatrice dans l’enseignement spécialisé.  Trente garçons de 10 à 14 ans sous ma responsabilité et à ce tître je devais les emmener le jour de la Pentecôte à la fête du village. Le samedi récurage complet, linge propre, chaussures cirées, j’ai appris que la salive lustrait bien mieux le cuir que le cirage, petit chantage pour les plus turbulents et récompense pour les plus sages. Ces enfants n’allaient dans leur famille qu’une fois par an, pour les plus chanceux, les autres passaient toute leur jeunesse à l’institut. C’est pourquoi cette fête révêtait des allures magiques.
Juste après le repas de midi direction les vestiaires pour mettre les « habits du dimanche », ceux de l’assistance publique avaient un trousseau tout à fait convenable mais ceux qui dépendaient de leur famille pour les vêtements se trouvaient souvent dans l’obligation d’aller piocher  auprés des lingères une tenue décente, à leur taille et complète. Ce cérémonial accompli, la distribution de  quelques francs les mettaient en joie et départ en rang par deux  pour le village, 3 kms qui allaient déposer un peu de poussière sur les chaussures, mais les plus malins avaient pris  un chiffon dans la poche. Pour nous éducateurs c’était une corvée sans nom, arpenter la fête de long en large toute l’après-midi, les flonflons, les odeurs de frites, la cohue, la chaleur et  l’œil aux aguets pour répérer les enfants. En principe pas de soucis avec eux, tout le monde s’accordait à dire qu’ils étaient bien tenus, bien élévés, mais une bagarre avec les autres jeunes était toujours à craindre pour un mégot ramassé par terre ou un forain qui aurait abusé de la crédulité de certains. Retour toujours à pieds, sous l’orage traditionnel et fini la corvée pour une année.

Quand mai 68 est passé par là, des mini-bus ont permis les déplacements motorisés, les enfants partaient un peu plus souvent chez leurs parents et maintenant je les vois passer mais sans les habits du dimanche et ils ne disent plus bonjour ni merci…

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14 avril 2007 6 14 /04 /avril /2007 07:02

C’est maintenant dans le journal d’Odette que je reprends le cours de sa vie, le bébé qu’elle attendait n’était pas un gros garçon mais une petite Monique  qui a vécu un jour, à partir de ce moment là je lis une grande tristesse bien évidemment, mais aussi une quête d’absolu,d'idéal et de pureté, la mort de son frère lui pèse de plus en plus, elle l’idéalise à un point tel qu’il est permis de penser que son mari a du en souffrir, tout son être est tendu vers Dieu, Odette vit dans l’espérance d’une nouvelle grossesse.

Le 19 février 1920 elle relate qu’elle s’est rendue sur la tombe de Robby à Hangar, apaisement, souffrance  et révolte sont les mots qu’elle utilise pour qualifier cette journée.

Le 6 septembre elle écrit qu’enfin la chance d’une deuxième grossesse lui est donnée. Attente dans la joie mêlée d’anxiété. Elle souhaite se montrer "bienfaisante et meilleure", elle pense sans cesse à Robby, l’appelle dans ses prières…la mort est omniprésente dans ses pensées.

11 mars 1921 Odette met au monde un petit Renaud qu’elle surnomme tour à tour « bébé-alouette » ou « mon chevalier » elle lui parle sans cesse de Robby dont la photo trône dans la chambre du bébé. Cet enfant la comble de bonheur mais toujours revient dans son journal la perte de son frère dont elle ne peut se remettre, il n’est question que de la grandeur de son âme. Un héritage bien lourd à porter pour un bébé.

Le 12 juin 1922 une jolie petite Michèle est née.

Le journal et la correspondance s’arrêtent là.

 

Le 2 août 1923, emportée par une maladie fulgurante Odette est partie rejoindre son frère, elle a 26 ans et  laisse 2 enfants de 2 et 1 an, un mari et une mère qui après son mari et son fils perd sa fille chérie.

La famille a dit aux deux enfants que leur mère est montée au ciel, jamais on ne les a jamais emmené sur sa tombe, ils n’ont bien sur aucun souvenir de cette époque.

A partir de ce moment-là Jeanne leur grand-mère, qu’ils appellent Mamine, va leur donner tout l’amour et toute l’affection qui leur est due, jusqu’à sa mort à 88 ans ils vont lui vouer une tendresse sans borne.

Emmanuel se remariera en 1930, il aura un fils qu’il appellera Guy. Il sera veuf une deuxième fois et se remariera une troisième.

En 1944 Renaud a épousé Pomponette et je suis là aujourd’hui pour clore le chapitre Odette, je n’ai pas retranscris des extraits de son journal, c’est trop intime, trop triste, trop exalté. Drôle d’impression que d’être plus âgée que sa grand-mère !

Michèle, Tante préférée, vit toujours et habite Avignon.

Quand en août 2003 j’ai emmené papa à l’hôpital il était un peu désorienté par la fièvre, je lui ai demandé : « Tu sais ou je t’emmène ?» « Au ciel » m’a-t-il répondu. La boucle était bouclée. Il est mort le 12 août, le même mois que sa maman, victime comme tant d’autres de la canicule.

Toute son enfance on lui a vanté la grandeur d’âme de son oncle Robby ce n’était pas fait pour valoriser un enfant orphelin à 2 ans. Mentionner la guerre de 14-18 lui faisait monter les larmes aux yeux. Heureusement qu’il a rencontré Pomponette qui a mis la couleur du sud dans sa vie pour contrer un peu la rigueur protestante.

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7 avril 2007 6 07 /04 /avril /2007 08:09

-« Et surtout surveillez bien votre petit frère, à 5 h vous revenez, les sandwichs sont dans le sac à dos, pas de bétises avec les copains et ne laissez pas les vélos n’importe où, allez bisous et amusez-vous bien. »
Si « on serait » dans les années 50, si les routes n’étaient pas encombrées de chauffards, si des malades n’enlevaient pas les enfants, si, si, si  et bien mes petits pourraient aller se promener seuls, partir avec des copains, aller jouer au foot au stade qui est très prés de la maison, ils pourraient aller à la pêche sans avoir besoin d’une surveillance constante, ils pourraient avoir une enfance faite de liberté, une enfance comme j’ai eu quand j’étais en vacances chez mes grands-parents, je pouvais disparaître des heures sans que le plan Amber ne soit déclanché, je pouvais cavaler le soir dans les rues mal éclairées, pas de crainte il y avait toujours le clan des veuves assises devant la porte profitant d’une fraîcheur relative toujours promptes à nous gronder si nécessaire. Si la pollution n’existait pas ils pourraient se baigner dans la rivière qui est à 50 m de la maison, mais tout cela était dans une autre vie, avant que la souris ne serve à cliquer, c’était du temps où le goûter se composait d’une tartine de beurre avec de la confiture, c’était le temps de mon enfance, je l’idéalise sans doute, les souvenirs embellissent toujours la réalité mais l’impression de liberté que nous éprouvions sur nos vélos était grisante, les voitures rares et les vacances avaient le goût des bonbons collants de la vieille épicière.
Si « on serait » comme disent les enfants dans les années 50 ce serait la guerre des boutons et « si j’aurais su j’aurais pas venu » alors acceptons ces quelques contraintes et profitons de ce que le nouveau siècle nous offre : une promenade dans les rochers avec un grand-père encore gaillard,  une technologie dispensatrice de beaucoup de plaisirs, des notions de diététiques pas inutiles, un parc d’attractions parfait pour de jeunes enfants, un DVD d’Oliver Twist, dont je n’envie pas la jeunesse, des cloches qui seront sans doute très généreuses, ainsi va la vie d’aujourd’hui avec ses bons mauvais côtés.

Finalement ils ont regardé Rocky IV dans la matiné, très triste, Appolo est mort…Je sens que vous ne saisissez pas le dramatique de la chose, moi non plus.

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5 avril 2007 4 05 /04 /avril /2007 07:10

Prés de Reims le 27 juillet 1919.

 Maman chérie, nous voici dans un petit village prés du camp de prisonniers où Manu est affectée, je suis contente que nous ayons quitté Reims qui est une ville détestable, le mal semble régner partout, c’est plein d’individus louches et l’on ne peut sortir seule, la ville est tellement détruite que c’est une vraie tristesse. Hier Manu m’a emmené voir les tranchées et champs de batailles, tant de jeunes vies y sont tombées comme notre Robby…

Manu m’a montré le point exact où il avait fait une patrouille.
Nous logeons dans une petite maison assez confortable, l’hôtel est partiellement détruit. Je n’ai pas encore grossi mais si tous les repas ressemblent à ceux d’aujourd’hui Guy deviendra un  énorme bébé. Manu se tordait de rire en me voyant reprendre un énorme morceau de gâteau aux cerises. Pour digérer nous avons fait une promenade sur une ancienne position « boche », il reste encore beaucoup d’obus asphyxiants non éclatés et je me suis vite écartée. J’ai été très émue de voir toutes ces simples petites croix à perte de vue.

P.S. Sois bien prudente et repose toi beaucoup. J’ai hâte de te retrouver .

 

Odette écrit à sa mère tous les jours, elle attend un bébé qu’elle souhaite appeler Guy, Manu a été blessé plusieurs fois et décoré de la Légion d’honneur pour faits de guerre, sur cet épisode nous ne savons rien car il a toujours refusé de parler de la guerre à son fils. A la lecture de ces lettres nous comprenons qu’Odette l’a suivi dans plusieurs villes de garnison, une de mes cousines m’a dit une fois que notre grand-père travaillait aux relevés topographiques fournis par l’aviation, je n’en sais pas plus. J’aurais dû interroger tante préférée mais j’ignore si elle aurait eu les réponses à mes questions et de toutes façons là il est trop tard, non pas qu’elle ne soit plus de ce monde, bien au contraire mais je suis sur ma lancée, le PC est très sollicité par N°1…

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2 avril 2007 1 02 /04 /avril /2007 07:44

J’attends patiemment dans le buffet qu’elle parle enfin de moi, mais ne voyant rien venir autant que je m’y mette, on n’est jamais mieux servi que par soi-même, et dieu sait que pour servir, je sers !

Je suis tout rond, bien dodu, couleur pain grillé, je viens de Vallauris, c’est écrit sur mon postérieur, je suis orphelin de mon couvercle, on m’appelle « le petit plat de Bonne-Maman » et je suis dans la famille depuis plus de 40 ans, pas une ébréchure, en parfait état et plein de souvenirs de bons petits repas, chauds ou froids mitonnés avec le tour de main inimitable d’un languedocienne pur jus.

Ah j’en ai vu passer des petites salades à la façon « bonne-maman » 2 haricots verts, 4 olives noires, quelques anchois, une tomates, un oignon rouge, un reste de pomme de terre, un délice si je dois en croire les exclamations de Mab et Maky quand ils arrivaient en vacances. Après avoir roulé toute la nuit, pas d’autoroute à cette époque, après s’être perdu dans Toulouse comme à chaque fois, après avoir pris le petit déjeuner à Sète et s’être trempés les pieds dans la mer ils arrivaient enfin aux confins de l’Aude, Tuchan et son château Cathare, avec Fille Unique, embrassades, exclamations et vite «  A table les petits », Fille Unique n’avait qu’un an et se dressait sur la pointe des pieds pour quémander un petit quelque chose que son arrère grand-mère lui donnait bien volontiers et moi je passais de mains en mains jusqu’à ce que je sois vide.

Depuis que j’ai trouvé ma place chez Mab, les repas sont moins goûteux, on me remplit de vulgaires pates, quand il y a de la sauce de tomate, c’est fête, d’autres fois je tiens le riz au chaud, rien de bien gastronomique, je regrette le temps des petites salades et surtout je me sens seul sans mon couvercle. Il faut aussi que j’avoue que bien qu’en Seine et Marne depuis des dizaines d’années j’aspire à un peu de soleil, l’accent chantant me manque. Voilà la vie d’un petit plat rond et jaune, je ne suis pas triste car  je sais que l’on tient à moi et que l’on m’aime et c’est l’essentiel.

Peut-être avez-vous aussi un objet sans aucune valeur si ce n’est sentimentale?

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29 mars 2007 4 29 /03 /mars /2007 07:52





















Fromonville le 8 octobre 1917.

Par Grey/Loing, SetM.

 

Ma maman,

J'ai reçu hier ton gentil petit mot et le carnet : merci ma chérie.
Et me voici dans le confortable château avec une tendre amie et une vieille Granny, les jours s'écoulent calmes mais vite et chaque jour qui passe me rend heureuse puisqu'il me rapproche de la permission de Manu et du jour où je vous retrouverai Marianne si jeune, ce sera bon de reprendre notre petite vie à deux, avec dans la vie de ta Bleue une une telle lumière. Je n'ai encore rien de Manu, je m'efforce d'être calme, pour toi, pour Robby mais quelque fois mon coeur est gros de toutes ces angoisses qui m'étreignent parfois, mais n'est-ce pas nous pourrons nous revoir et nous aurons toute la douceur de nous dire tout ce que nous ne voulons pas écrire.
Je sais (je te raconterai comment) que son père le sait et que Jean a été interwievé sur moi. Oh maman que c'est beau ce bonheur, prie pour nous pour que rien ne vienne nous séparer. Il paraît que Blanche T. avait dit à Eliane : « La femme que Manu aimera aura bien de la chance, il est beau et épatant au point de vue moral ». Le Friquet croit qu'il est dans un rève et que tout va s'envoler. Mais je me dis que d'autres l'ont déjà eu ce bonheur, que d'autres l'auront encore et que je dois vivre pleinement le moment présent qui est si beau.
Ecris moi souvent et ne de moque pas de moi parce que je te parle de lui.

Sois bien prudente.
Et pense sans cesse à nous deux qui t'aimons si merveilleusement et si respectueusement.
Un long baiser de ta petite. Je n'ai rien du Loup et ça m'ennuie un peu.

 

Cette lettre nous apprend que l'amitié avec Jean n'a pas évolué et qu'un certain Manu (Emmanuel) cousin de Jean occupe à présent ses pensées et son coeur, les choses prennent tournure, les parents de Manu sont au courant, Le Loup (son frère Robby) et Manu se sont rencontrés aussi. De longues fiançailles seront célébrées dans l'intimité, la guerre n'étant pas propice aux festivités. Le 12 avril 1918 Robby est mort au combat, le 3 juin 1918 Odette épouse Emmanuel. Le couple de mes grands-parents est formé.

Odette aime beaucoup donner des surnoms, elle appelle sa mère Marianne, je ne sais pas pourquoi, se surnomme le Friquet et elle signe souvent ses lettres « ta bleue ».

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