Famille, lectures, humeur du jour.
Pomponette, Mab, un cousin à Valras.Pendant les étés de mon enfance il arrivait quelque fois qu’une journée ou deux le vent du Nord ou le vent Marin, ce vent qui vient de la mer, la déchaine et rend tout poisseux et collant comme un vieux sirop nous prive de plage, ces jours là que faire quand on est en location ? Les parents nous emmenaient faire un tour en ville, Valras avait de nombreux manèges, un confiseur qui sous mes yeux éblouis jonglait avec des mètres de sucre d’orge multicolores tel un pizzaïolo virtuose et une rue commerçante envahie ces jours-là par les familles encombrées d’enfants qui pleuraient leur journée de plage perdue. Que faire quand il fait mauvais à la mer ? Après les manèges, la librairie, le pavé de l’été, quelques journaux, on traine dans les rayons surpeuplés, achat de cartes postales, c’est le jour où jamais pour écrire des phrases impérissables « Bon souvenir de vacances, il fait beau, bises à bientôt ». Que faire quand le vent du Nord interdit toute incursion sur la plage ? On va à la patisserie, nous ne sommes pas les seuls à avoir cette idée gourmande, le choix est difficile, laborieux et pour faire descendre les gâteaux rien de mieux qu’un arrêt à la terrasse du plus grand café de la station, café-cinéma, les films à l’affîche sont récents, Pomponette tient à nous cultiver, 10 ans c’est l’âge idéal pour admirer Gérard Philipe dans le Rouge et le Noir, Sister dormira sur les genoux de Papa et moi je n’en perdrai pas une miette, mais pour l’heure c’est le moment de déguster les patisseries avec le sacro-saint verre de grenadine.
Tout ça pour dire qu’hier le temps plus que maussade, tous les robinets du ciels étaient ouverts en grand, je me
suis fait un thé énorme avec du pain grillé, beurre et confiture, quand il fait moche à la mer on mange et bien à la campagne c’est pareil, il ne manquait que les magasins de souvenirs avec les
poupées en coquillages, il y a 55 ans ce n’était pas encore kitsch pas déjà affreux.