Famille, lectures, humeur du jour.

J’ouvre la porte, seulement une personne avant moi, c’est parfait, je prends mon tour et comprends que la « charmante préposée au guichet » ne discute pas avec le « patient » devant elle mais avec un interlocuteur invisible. Transparent semble être
le client qui attend son argent ou son recommandé, ses quelques mots balbutiés n’atteignent pas la préposée qui sous le sceau du secret clame haut et fort que « Oui, mais tu sais Gégé c’est
pas un bon un plan, il est au chômage et puis 2 enfants c’est beaucoup ! Non mais je te dis ça en passant et puis avant moi il était avec Muriel, celle qui travaillait avec moi, un peu
pénible, mais je l’aaaaaaadore quand même, ça vous fait 10, 50 eus » Elle a un débit du style mitraillette, pas un regard pour le client, pas un bonjour, encore moins merci et un regard plus
qu’indifférent m’invite à lui donner mes paquets. Histoire sans paroles, en ce qui nous concerne toutes les 2 mais le temps de la transaction j’ai appris bien d’autres choses sur sa vie
privée : kilos à perdre, épilation programmée, pot au feu à préparer, vacances ratées, le tout bien épicée de médisances et ragots. Je me sens aussi invisible que le jeune homme avant moi,
je rumine ce que je vais lui dire mais je crains les mesures de rétorsions éventuelles et sors de la poste en claironnant quand même un « au revoir mesdames » limite
agressif.
Les monstres vont m’attaquer j’arrête là mon coup de gueule, mais avant sachez qu’ici c’est nul : Même pas le
droit d’aller dans la rue quémander des bonbons. Ben non pas le droit mais ce soir soirée Texas, hamburgers faits maison, fond musical country, et 3 cow-boys à ma
table. Youpi !