Famille, lectures, humeur du jour.

Eté 1966, il fait chaud, très chaud, le mistral s’en donne à cœur joie, Avignon se plie à ses caprices, la place
de l’Horloge est noire de monde, population interlope, ivre de fatigue à force de d’excès et de manque de sommeil, les cheveux longs sont devenus à la mode pour les garçons et les artistes en
particuliers, parmi cette faune nous faisons figure d’extraterrestres, mariés depuis un an nous effectuons le périple estival pour visiter famille et amis. Mais où sont donc les cousines ?
L’appartement de la rue de la Ré est vide, bien trop grand pour nous 2 sans les filles. Je ne me souviens de rien sauf de la rencontre avec les 2 Maurice.
Un soir que le mistral avait rendu les armes nous nous sommes dirigès nonchalement vers le Palais des Papes, le festival bat son plein, mais rien à voir avec ce qu’il est maintenant. Un air de
pipeau nous attire, le trombone nous amuse, quelques places restent libres sur des gradins inconfortables et en route avec Pierre et le Loup, récité par Jean Toppart, un grand moment, Prokofief a
deux nouveaux fans.
La cour d’Honneur vibre, le flux des spectateurs se fait plus compact, nous suivons et là c’est l’envoutement qui commence, Maurice Ravel avec son Boléro désormais immortalisé par Maurice Béjart
et ses danseurs, nous sommes sous le charme, le public retient son souffle, la tension est palpable, les danseurs sont à la limite de la transe et nous ressortons de ce spectacle épuisés par tant
d’émotions diverses. J’ai revu le ballet grâce à Claude Lelouch, point d’orgue de son film « Les uns et les autres » avec Jorge Donn, danseur étoile d’une
sensualité époustouflante.
Bon maintenant je n’ai plus qu’à aller voir si par hasard Maky n’a pas fait son billet sur le même sujet.