Famille, lectures, humeur du jour.

"On ne sait jamais rien du destin d’une maison, qu’on la recoive ou qu’on l’acquière son avenir nous échappe à l’instant même où les actes notariés sont signés*". Et encore moins de nos jours où la précarité et ses conséquences peuvent s’abattre sur nous au moindre faux pas de la chance.
En 1971 quand nous avons acheté la maison où nous vivons toujours à quoi pensions-nous en sortant de chez le notaire ? A rentrer vite pour installer tableaux et meubles, les remerciements à Bonne-Maman avaient déjà été faits et nous baisions la trace des pas de Maky chaque jour, la maison appartenait à la société qui l’employait, coup de chance. Je n’imaginais même pas qu’en 2008 je parlerais de cette grosse bâtisse sur un blog, je ne me projettais pas dans les années 70 qui nous enverraient pour 4 ans en Algérie, en 1971 Fille Unique avait 4 ans, elle tissait des liens de grande complicité avec son arrière grand-mère qui allait habiter aussi la grande maison et déjà son sourire nous enchantait. Je n’avais pas pas la moindre idée des travaux que nous allions y faire , avais-je seulement le début d’un soupçon de ce que l’avenir allait nous réserver, non ! Nous vivions au jour le jour, nous étions une famille unie et la vie a été indulgente avec nous, les plus gros chagrins sont venus avec ceux de Fille Unique, les plus grandes joies aussi. Depuis quelques années j’ai bien conscience que la maison ne sera pas transmise, je le comprends et l’accepte mais en attendant la maison réclame nos soins réguliers et nous lui devons assistance et reconnaissance pour nous avoir abrité depuis si longtemps.
* j'emprunte ces quelques lignes à Pierre Assouline dans son introduction du Dernier des Camondo