Famille, lectures, humeur du jour.

Je nage en Seine et Marne une à 2 fois par semaine avec Cerisette, à une heure où nous sommes plus des mémé-nageurs que des Manaudou, je ne sais pas pourquoi peu d’hommes viennent soigner leurs douleurs avec nous mais parfois un jeune nous expose ses pectoraux et fessiers bien musclés tout en nous imposant aussi un style de torpille et là « au secours garons-nous, slalomons » le corps de rève au masculin perd le peu de civilité qu’il pouvait avoir, il fonce, il trace, éclabousse dans un crawl flamboyant, cogne une ou 2 têtes et crime de lèse mémé-requin vient dans la ligne d’eau de la plus plus nageuse d’entre nous, : la soixantaine largement dépassée, un corps de presque jeune fille, petite, mince, visage aigü et dos crawlé impeccable pendant une bonne heure sans souffler, sauf pour nager telle une torpille vers le seul homme du bassin et lui dire avec le pince-nez en guise d’arme dissuasive « C’est ma ligne d’eau, vous n’avez pas à y venir car moi monsieur je nage » Ah bon et nous on fait du tricycle peut-être, la discussion s’envenime toute seule car l’athlète ne comprend rien et continue à tracer son sillon, mais Cerisette et moi toujours à l’affût d’une petite pause nous nous approchons écouter le maitre nageur qui essaie d’expliquer à Mémé-requin les rudiment du savoir-nager en piscine seine et marnaise car voyez vous l’argument majeur de celle qui ignore les autres c’est « Moi je nage à Paris et au moins personne ne vient dans ma ligne d’eau » Le « je nage à Paris » m’a fait me sentir bien provinciale, voici une formule à rajouter sur la carte de visite idéale, comble du chic et du snobisme pour moi avec « Né à Londres » pour un bébé français bien sûr, plaque d’immatriculation 75, et maintenant le « je nage à Paris » Comme Boris Vian chuis snob mais il me manque le talent. Et pour en finir, drapée dans sa serviette et son air outragé la seule NAGEUSE de la piscine a enfin laisser sa ligne d’eau aux autres…