Famille, lectures, humeur du jour.

Du plus loin que je me souvienne, malgré mes presque 65 ans, je ne me souviens pas de la vie avant la télé. Apportée en équilibre instable sur sa moto par papa, elle s'est installée dans la petite maison au cœur de la forêt, vers la fin des années 50. J'aurais du demander hier à Pomponette. Un cube énorme et inesthétique au possible, une seule chaîne en noir et blanc, mais quelle ouverture sur le monde !!!
A chaque 11 novembre nous avions droit à un film, toujours le même, toujours regardé avec la même émotion : Les croix de bois tiré de livre de Roland Dorgelès. Pendant une heure et demi, les horrreurs de la guerre, les tranchées, la pluie, le froid, le patriotisme et la bravoure.
Papa, élevé dans le culte de son oncle Robby mort en 1918, frêre d'Odette, ma grand-mère dont j'ai déjà longuement parlé l'hiver dernier, ne manquait jamais cette diffusion, cette guerre terminée bien avant sa naissance a marqué son enfance peuplée de femmes en noir.
Les années ont passé, la télévision s'est dotée de nombreuses chaînes, le film vantant le courage des poilus a été diffusé l'après-midi et puis plus du tout. Je viens de consulter le programme, seul un documentaire ce soir, qui selon la bande annonce devrait éclairer différemment ce qui restera quand même une tuerie sanglante.