Famille, lectures, humeur du jour.

Il est jaune et blanc, neuf, craque un peu quand on l'ouvre et dégage un parfum que je n'ai pas oublié malgré les années, le livre de grammaire que l'on nous a distribué à une rentrée en primaire. Jamais je n'ai retrouvé cette odeur mais ma mémoire olfactive s'en souvient encore. Mélange de colle, papier et encre d'imprimerie, j'adorais ce livre même si la grammaire ne m'aimait pas.
Poussière et vieux papiers, les albums de Spirou gardent encore bien cachés entre leurs pages détachées l'odeur des Histoires de l'Oncle Paul, histoires vraies bien sûr racontées par un fumeur de pipe. Qui oserait de nos jour donner un tel exemple aux enfants. Est-ce pour cela que j'ai toujours aimé l'odeur douçâtre du tabac à pipe?
Lorsque j'ouvre les tiroirs de l'enfilade de Bonne-maman les parfums de la cuisine de la vielle maison d'Olonzac me sautent au cœur, indéfinissables senteurs, chocolat, vanille, papier sulfurisé, élastique, images, bout de tout et de rien, elle gardait pour nous tout au long de l'année ces petits n'importe quoi pour nos vacances. J'ai aussi un tiroir plein de riens pour mes petits. Sont-ils trop gâtés pour n'y voir qu'un tas de fouillis inutile ? Tout est dédaigné sauf les morceaux de ficelle. Arthur adore la ficelle !
Un jour je me souviendrai peut-être avec nostalgie de la puanteur qui envahit nos rues à cette saison, la pulpe de betterave, dès le mois de septembre « la campagne » commence et avec elle son défilé incessant de camions chargés du sucre en devenir, mais avant de finir dans le café ou le thé, les étapes de transformation passent par la case « pulpe » et ça c'est une vraie nuisance pour les nez délicats.