Famille, lectures, humeur du jour.
Il y a 50 ans, telle trompe la mort, Pomponette se sortait grâce à un chirurgien particulièrement habile d’un cancer trés avancé, sans chimio ni rayons.
Depuis , j’ai beau chercher mais aucune maladie, aucun médicament ne sont venus polluer sa qualité de vie.
En moins d’une semaine, elle a eu tout ce qu’elle redoutait, un esprit qui s’égare, des tuyaux partout et surtout être une poupée de chiffon dans les mains du personnel soignant.
Hier je l’ai trouvée calme et apaisée, remuant jambes et un bras, respirant sans assistance mais les yeux toujours hermétiquement fermés, comme si elle refusait de les ouvrir, et ne répondant à mes sollicitations pour me serrer la main.
Equipée comme un docteur de Grey’s anatomie, les gants de latex m’empèchent de sentir sa peau. Je lui ai tout raconté de nos journées, l’état de son jardin, demandé de faire un effort pour Sister, rien de rien.
Je me dois de dire que dans ce nouveau service elle est surveillée, massée, soignée à la perfection, le personnel est adorable, l’ambiance feutrée, ici les portes ne claquent pas et on s’adresse au malade en évitant le « alors ma ptite dame ça va ce matin ? » maman a droit à son nom !
La famille est très, trés présente, les amis proches aussi, les simples relations aussi, tout un courant de sympathie et de compassion se tisse autour de nous, le téléphone sonne, souvent il pleure…
Mais je dois avouer que c’est par vous, amis de la blogosphère que les plus beaux témoignages arrivent.
Karmara et son talent inimitable a su trouver les mots justes pour exprimer tout ce que je pense de ces amitiés virtuelles.
L’heure des visites étant bien plus réduite maintenant, je me suis lancée dans une reprise en main de la maison.
Quoi de mieux pour se vider la tête qu’une bonne grosse vaisselle à la main, que la préparation d’une salade : tomate, poivron, choux rouge, endive, oignons rouges, huile d’olive, vinaigre de xérès, poivre et sel de céleri. Je sais, je sais, ce n’est pas la saison des tomates ni des poivrons, mais j’ai envie de rouge et vert.
Quoi de mieux que Fille Unique au téléphone qui raconte la dernière colère d’Eugénie qui dans une autre vie a du être tragi-comédienne, se jetant par terre, main écartée sur le front et hurlant son mécontentement de voir ses grands-parents, les autres, à son réveil de la sieste.
Henri a chuchoté au téléphone « j’ai réussi à la calmer »
C’est un peu long tout ça mais j’ai en besoin.
Merci, encore à vous tous.
Le diagnostique méningite herpétique est à présent confirmé.