Le milieu hôspitalier ne m’impressionne pas, j’ai l’habitude, ne suis pas sensible aux odeurs et en principe ce que l’on impose aux
malades est pour leur bien.
A 16 ans j’ai vu Maman, fêter ses 36 ans tuyautée de partout.
A 18 ans j’ai vu Sister, pendant des mois, dans une salle commune, le buste entièrement plâtré servir de terrain de jeux aux cafards de St Louis…
En 2000 j’ai vécu le triple pontage de papa et sa convalescence en direct.
En août 2003 j’ai vu le même rentrer à l’hôpital et se consummer de l’intérieur pendant 12 jours.
J’ai vu des charognards personnes attendre dans les couloirs le dernier souffle de certains pour acheter aux familles éplorées les ventilateurs à
n’importe quel prix !
Le 12 août , Papa a fini de lutter contre la canicule et les mesures étaient prises pour au moins mettre des bonbonnes d’eau dans les services.
Souvent, j’ai vu mes beaux-parents opérés de choses pas anodines du tout.
J’ai tenu compagnie à une amie pendant ses chimios, trois cancers qu’elle tient à distance ou presque.
Tout cela je le supporte, mais voir maman attachée dans son lit, la bourrique s’arrache les perfusions, ça j’ai du mal, beaucoup de mal. Je comprends qu’avec ses veines d’enfant si difficiles à
trouver, les infirmières préfèrent l’attacher plutot que la charcuter inutilement.
Hier elle n’avait plus de fièvre, ouvrait un peu plus les yeux, mais c’est vraiment tout ce que je peux dire.
Pour détendre l’atmosphère et parce qu’il se passe toujours quelque chose en Normandie.
A force de regarder des œuvres impérissables, Victor et Henri, grands fans des Charlots et de leurs répliques si fines, ont décidé de créer un groupe de pop, leur ami Gaston ayant une guitare, il
fera partie du groupe lui aussi.