Famille, lectures, humeur du jour.
Et dire qu’avant ce jeudi noir où tout a basculé je m’inquétais pour les pieds des petits, mouillés dans les bottes trop grandes, pour des petites
routes verglacées, je faisais des insomnies peuplées d’enfants partant à l’école sans bonnet.
Avant je comptais les jours qui nous séparaient des vacances scolaires et j’établissais le programme des réjouissances.
J'anticipais le plaisir des cavalcades et des rires. Je riais par avance des mimiques d'Eugénie, des réflexions d'Henri, je savais qu'Arthur me
roulerait dans la farine pour prendre la place de Maky dans le lit (terreurs nocturnes obligent) et j'imaginais Victor faisant l'inventaire des K7.
Je compte toujours les jours, mais les sujets d’inquiétude sont différents.
Le « pourvu que » tient une grande place quand le sommeil me fuit.
Pourvu que Pomponette n’ait pas de crampes à la jambe attachée, pourvu qu’on vienne la recouvrir dans la nuit, pourvu qu'elle n'arrache pas les perfusions , pourvu que , pourvu que…
Une bonne journée hier, une « élève » bien concentrée, de bonnes heures d’un sommeil réparateur, détachée, presque libre de ses mouvements, dans sa position préférée pour dormir, je respirais à peine et tournais les pages de mon livre le plus doucement possible. Livre dont elle a voulu lire le tître bien sûr.
Tout à l’heure nous rencontrons la neurologue, une italienne volubile, nous sommes prévenues, nous aurons du mal à placer un mot !