Famille, lectures, humeur du jour.

Gruissan, été 2008.
Sur les plages du Languedoc, quand le vent vient de la mer, on dit « c’est
marin ».
Tout d’un coup la mer avance à grand renfort de vagues de plus en plus fortes, obligeant les lézards juilletistes ou aoûtiens à reculer de quelques mètres, la brume cache l’horizon et « ça pègue ».
Serviettes et maillots ne sêcheront pas, l’humidité envahit tout, on dégouline et les maisons transpirent. Tout devient collant, poisseux.
Hier c’était marin en Seine et Marne, j’ai vu tout d’un coup le sol de la cuisine devenir humide, collant sous les pieds, aucun courant d’air (d’ailleurs pas un poil d’air) n’est venu à bout de ce phénomène, rare ici.
Trop chaud pour travailler au jardin, j’ai repris la nappe en cours avec des mains moites et l’esprit vagabondant entre Valras, Gruissan et La Nouvelle.
Le Valras de mon enfance n’existe plus, le Gruissan des 2 ans de Fille Unique a bien changé
et La Nouvelle, si chère à Pomponette aussi.
Le sens du vent occupait bien les journées de vacances, vent du Nord, pas bon signe, 3, 6 ou 9 jours sans pouvoir aller à la plage, le sable nous piquait le corps comme autant de minuscules aiguilles, la mer était dangereuse, emmenant à toute vitesse vers le large les imprudents.
Vent marin, la mer était démontée, l’air saturé d’humidité, à l’époque pas de sêche linge pour palier au soleil voilé.
L’idéal c’était un petit marin léger ou un vent du Nord très discret. Une petite brise adoucissant le soleil de plomb, promesse d’une belle journée à la plage.
C’était la minute météo-nostalgie de Mab, femme cachée de Laurent Cabrol.