Famille, lectures, humeur du jour.

L’autre jour, en plein repassage mon esprit vagabonde, « pongé de soie » surgit des limbes de mon cerveau en même temps que la cruelle constatation : A qui vais-je demander maintenant si un jour j’ai dans les mains un tissu que je ne saurais pas identifier.
A qui vais-je dire « tiens, lis ce livre, il est super »
A qui demander sur une vielle photo le nom de celui ou celle que nous n’avons jamais connu.
Elle nous a dit, raconté, appris beaucoup de choses, nous ne l’avons pas toujours écouté avec attention, croyant que nous avions le temps.
Les jours passent et souvent notre premier réflexe est : je vais lui dire, ou bien elle va être contente, quand elle reviendra…oubliant qu’elle n’est pas en vacances.
Les questions restent sans réponse.
Une chose me met du baume au cœur, je suis contente de ne pas faire partie du quotidien de Fille Unique, mon départ quand il se produira la démolira moins.
Dépositaire maintenant de l’œuvre de sa vie, son jardin, j’accomplis avec plaisir les tâches qu’elle faisait, je rale un peu devant les plates-bandes dans lesquelles je ne peux même pas mettre un pied pour couper les fleurs fanées après le passage de la pluie.
J’ai pris chez elle un petit guéridon, je l’ai toujours vu dans la maison, je ne sais pas d’où il vient, d’un café, d’un jardin d’hiver, elle nous l’a dit sûrement mais j’ai oublié…