Un soir de cet été 92 je mets la poubelle dans la rue avec un carton, carton ramené plein de courses.
Le matin je cherche mon portefeuille et comprends vite qu’il est resté dans le carton. Dedans le chèque de salaire de Maky, ( à l’époque c’était comme ça), le chèque des heures de surveillance de
Fille-Unique à l’Ecole Alsacienne, (job alimentaire), carte de crédit, permis de conduire, carte d’identité et un peu de liquide.
Le camion des poubelles vient de passer, je le rattrappe et convient avec le chauffeur de l’heure à laquelle je peux aller arpenter la décharge.
Bottes, foulards sur la bouche et rateau à la main, sous un soleil de plomb, je ratisse, quelques indices me disent que je suis bien dans les ordures de ma rue, je retrouve effectivement mon
sac , mes petites épluchures, mais de carton et de portefeuille point…J’enrage tout en évitant de respirer.
Il est temps de rentrer à la maison, téléphoner à mon travail pour prévenir de mon retard, faire opposition et déclaration de perte.
Rien n’a posé de problème, sauf le chèque de l’Ecole Alsacienne.
3 jours après nous partions en vacances, j’avoue que j’étais quand même un brin contrariée.
Les années passent, je néglige de refaire la carte d’identité, jamais elle ne m’a été demandée, je suis partie à l’étranger sans encombre, pour certains paiements j’ai fourni le permis de
conduire.
Là je suis décidée, j’en veux une, mais pour acheter le timbre fiscal, je dois fournir la fameuse carte ! C’est du pur Raymond Devos.
J’en suis à me demander si je ne vais pas tout arrêter, 6 semaines delai, pour un bout de plastique avec ma photo dessus. Nous partons dans 15 jours et je pense que mon passeport périmé fera
l’affaire, jusqu’à preuve du contraire la Corse est française !