Un email m’apprend qu’elle vient de réchapper d’une péritonite. Début de septicémie, coma, avec 15 jours d’hôspitalisation.
Mon sang ne fait qu’un tour, nous nous connaisson depuis 45 ans, peut-être plus. Les souvenirs affluent. Les dimanches chez eux qui tenaient table ouverte pour une cour parfois plus intéressée
qu’amicale, les soirées un peu trop arrosées, son divorce qui l’a laissé un peu- beaucoup désemparée, les « amis » qui ont choisi leur camp, lui ou elle.
Toujours fidèle au poste dans son salon de coiffure, madame Bidoudis, une vie pas toujours facile mais la bonne humeur balaie tout.
Inébranlable, indestructible, égale à elle-même, c’est notre Paule, notre jeunesse, nos souvenirs.
Hier je suis allée lui montrer qu’elle compte pour nous, même si on passe des années sans se voir.
Convalescente, fatiguée, éprouvée, comme un vaillant petit soldat elle était au travail, en mode ralenti.
Où est passée sa gouaille de titi parisien ?
Ma Paulo, sans cigarette au bout des doigts, ma Paulo sans maquillage, ma Paulo qui marche à petits pas, ça fout un coup, surtout quand elle énumère : Un tel, lui, au cimetière, Machin pareil,
Chose, il a trainé 2 ans.
Stop ! Appuyons sur rewind, nous étions jeunes, belles pour certaines, minces pour toutes, la vie promettait d’être belle, elle le fût pour quelques uns d’entre nous.
A 65 ans il faut accepter que les rangs s’éclaircissent.