Famille, lectures, humeur du jour.
A l’Heure bleue où je commence ce billet je pense à ce bébé qui doit naître aujourd’hui, il a le bon Goût de mettre fin à une attente insupportable pour les « blogueramis » et je lui dédie ces quelques mots en espérant que lui, saura se faire un nom, un prénom, une identité, tout quoi.
Durant mes 4 premieres années, j’étais au gré des gens que je rencontrais, ou la petite-fille d’André, mon grand-père chez qui je vivais avec mes parents ou la fille de Nano, maman. Quelques fois la petite de Paule ma grand-mère si j’allais la retrouver à la poste où elle travaillait et où je m’amusais avec le standard à l’ancienne, celui dans lequel on enfonçait des, je ne sais pas comment ça s’appelle, pour mettre en relation les abonnés du téléphone. Dotée d’un prénom à rallonge, Marie-Blanche, l’accent très prononcé de l’Hérault lui conférait un roulement de RRRR aussi effrayant que le bruit d’une avalanche et le « anche » devenait difficilement reconnaissable dans la bouche de mes interlocuteurs à l’élocution rocailleuse.
Quand nous sommes arrivés en Seine et Marne je suis devenue pour longtemps la fille du surveillant général. Lorsque je revenais en vacances je devenais la petite parisienne ou la petite d’André, exit maman ou papa.
A l’école primaire on devait bien m’appeler par mon prénom mais je n’en n’ai aucun souvenir, au collège le nom de famille était de rigueur. Lorsque j’ai commencé à travailler dans l’enseignement spécialisé avec papa je suis devenue pour les élèves M’zelle Marie-blanche, mariée et mère de famille cela m’est restée.
Quand nous avons emménagé dans le village je suis montée d’un cran, la fille de Mr P. ou beaucoup plus souvent la maman de Fille Unique.
En 1977 l’Algérie m’a donné une autre identité, la femme de Maky, revenue en France après 4 ans d’allers et retours au-dessus de la grande bleue, le magasin de Sister étant devenu le commerce incontournable de la région j’ai pris une autre identité, la sœur de Bagatelles, exit Maky à tel point qu’un jour le curé de la paroisse est venu me demander si je supportais bien le divorce, réaction normale, toujours en déplacement il était le grand inconnu...
Rarement, sauf pour l’administration, je n’ai eu droit à madame Untel, les trois lettres de mon diminutif suffisent amplement à mes amis, maintenant je suis la grand-mère de…
Mais le blog est arrivé, pendant quelques mois j’ai bénéficié d’un pseudo, d’une adresse rien qu’à moi, pas de fille de, pas de sœur de, pas de maman de, moi rien que moi et un beau jour Maky rentre dans la danse bloguesque et me voilà redevenue la Bricol-girl épouse de Bricol-man.
Sur ma tombe je veux que l’on mette çi-git une inconnue, fille, mère, sœur, grand-mère et blogueuse impénitente.