Famille, lectures, humeur du jour.
Mercredi 21 mars 2012
Le journal de la veuve. Extrait.
« En tout cas, l’obsession de l’achat et /ou de la lecture de quotidiens m’a toujours paru être un trait essentiellement masculin. Ainsi que le
fait de faire signe à sa femme de se taire pour entendre les nouvelles à la radio, comme si c’était extrêmement important et que le présentateur s’adressait à lui personnellement.
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Je ne sais pas exactement de quoi procède ce sentiment plutôt excessif de sa propre importance face à l’actualité. Il est tout à fait admirable,
je n’en disconviens pas, d’essayer de suivre ce qui se passe sur le plan national ou international. Mais je pense qu’au centre de tout cela il y a une illusion colossale, qui est qu’en se tenant
au fait des choses on reste maître de la situation et donc maître du monde dans son entier.
Peut-être cela remonte-t-il à la culture des clubs privés comme on en rencontre chez Evelyn Waugh ou P. G. Wodehouse. Quand, installés le samedi
matin dans leur fauteuil favori, ces messieurs se plongent dans tel ou tel impénétrable article de fond sur ce qui couve en Ukraine ou en Tanzanie, peut-être imaginent-ils avoir un pied au
Conseil des ministres.
Quoi quïl en soit, la chose est manifestement inscrite dans leurs chromosomes.
Quand les services sanitaires sont amenés à forcer la porte d’un logement à moitié délabré en raison de l’odeur épouvantable et du risque
d’incendie, est-ce une femme qu’ils découvrent perdue au milieu d’amoncellements de journaux en décomposition?
Non. En règle générale, non. »
Inutile de préciser que ce matin je suis pendue aux infos.