Mourir noyé dans sa propre maison, nager dans sa rue avec pour seule bouée son désespoir, voir une vie d’économie, de privations, de
sacrifices s’éffondrer en quelques minutes, c’est horrible et les mots sont bien faibles pour décrire les regards épouvantés, le fatalisme et le sentiment de culpabilité de s’en être sorti.
Une phrase revient souvent chez les sinistrés, on a eu de la chance, on est vivant.
Aujourd’hui je ne me plaindrai pas une seule fois du temps, du boulanger qui maîtrise mal son nouveau four, du rien à la télé, de l’hiver trop long, du frigo qui se vide à mon insu, du repas qu’il
faut prévoir pour midi, du repassage qui s’accumule, des voitures qui font trop de bruit et je pourrais raler ainsi pendant des heures.
Mais je suis au sec, j’ai un toit, la mer est loin et qu’elle y reste !