Famille, lectures, humeur du jour.
Nous sommes en Algérie depuis 1 an, nos voisins algériens décident de s’expatrier en France afin de donner une
meilleure éducation à leurs 3 enfants. Jolie maison, belle situation, lettrés et cultivés, les enfants au lycée français, ils veulent tout quitter pour se retrouver dans un appartement minuscule
à Paris, sans travail avec pour tout revenu le loyer qu’ils pourraient obtenir en laissant leur maison à des français, nous en l’occurrence. Une des fonctions de Maky est justement de loger les
coopérants, l’affaire est rondement menée, les M. ont bien pesé le pour et le contre : Tout pour les enfants, ils sont brillants et méritent ce qu’ils considèrent comme le mieux pour leur
scolarité. Dans leur pays ils font partie des nantis, que deviendront-ils à Paris ? Je les admire d’avoir le courage d’un tel choix de vie. Ils aiment le soleil, la mer, ils laissent toute
leur famille, mais je ne savais pas à quel point ! Nous les avions toujours vu avec 3 enfants, en fait ils en avaient 4. Une tradition veut que la première fille qui vient à naître dans un
foyer soit « donnée » dès les premiers mois de sa vie à la grand-mère paternelle, c’est une pratique courante, perturbante pour l’enfant qui appelle « maman » sa grand-mère
tout en sachant que ce n’est pas le cas, traumatisante sans doute pour la mère qui elle aussi a connu cette situation. Cette petite fille sera aimée et choyée, je n’en
doute pas mais dés qu’elle aura 10 ans elle deviendra une petite Cendrillon. Les filles ont moins de valeur que les garçons c’est bien connu, mais j’avoue que j’ai été
marqué par cette histoire. Ces gens étaient pétris de culture française mais la coutume avait été la plus forte et ils ne semblaient pas plus attristés que ça.
Je me demande si cette tradition perdure encore, presque 30 ans après. Je me garderais bien de juger, je relate une situation vécue tout simplement.
Les M. sont partis à Paris, nous avons habité leur maison pendant 3 ans, petit à petit les nouvelles venant de France se sont espacées, puis plus rien. J’aurais bien voulu savoir s’ils avaient concrétisé leur rêve, s’ils étaient revenus dans leur pays natal et si leur fille aînée s’était mariée et avait donné naissance à un bébé-fille !