Famille, lectures, humeur du jour.
Quand elle est partie à l’hôpital, j’ai gardé le moral.
Quand j’ai vu Sister détruite, j’ai gardé le moral, elle est forte.
Quand tout ce qui faisait maman a complètement disparu, j’ai gardé le moral, elle ne souffrait pas.
Quand la petite chose branchée de partout, attachée 22 h sur 24 ne fût plus que l’enveloppe charnelle qu’elle avait été, j’ai gardé le moral, on s’occupait d’elle de jour comme de nuit.
Quand une infirmière, presque en catimini, a pris sur elle, hier matin de nous avertir qu’on allait déménager Maman pour la remettre en médecine, nous sommes partis comme des fusées voir le chef de service, je n’avais plus du tout le moral.
Manque de place en soins continus, surveillance constante moins nécessaire, de belles paroles enveloppées de papier de soie.
Attacher, parce que cela est nécessaire, une malade de 86 ans est-ce préserver la dignité humaine ?
Si la même malade n’avait pas de famille, qui la détacherait pendant quelques heures en restant debout à surveiller qu’elle ne s’arrache ni les les perfusions, ni les sondes ?
Le moral en a pris un coup, tellement, que je ne finis pas sur une petite touche légère.