Famille, lectures, humeur du jour.
Sister l’a trouvé, il n’était pas caché, juste rangé avec les agendas.
Le cahier bleu commence en 1989, à l’envers.
Les travaux à faire au jardin au cours des 4 saisons, les commandes de fleurs, des brouillons de lettres, des plans, des projets, du désherbage, des plantations réussies, des espoirs et des déceptions.
En août 2003, sobrement, elle mentionne « je suis veuve ».
Un cahier qui lui ressemble, aller toujours de l’avant, se projeter loin devant, c’est tout maman ça !
Un cahier qui commence par la dernière page, comme les magazines qu’elle lisait de la
première à la dernière ligne.
Il y a même quelques feuilles noircies par les fables de la Fontaine, quand elle a décidé de faire une page d’écriture par jour..
Je vais y trouver des conseils et des pièges à éviter mais pas un lexique des noms latins. 14 lettres pour désigner une fleur bleue minuscule…ça ne m’aide pas beaucoup.
Fille Unique nous a « interdit» de brûler les journaux intimes de papa et maman, elle a raison, mais maman voulait que tout cela fasse un feu de joie.
Je comprends Fille-Unique.
Nous avons la chance de posséder des archives familiales qui remontent à Napoléon III, entre
autres, la correspondance de mon arrière grand-mère échangée avec sa fille et son fils, le journal intime de ma grand-mère, décédée avant d’avoir eu 30 ans.
Grâce à ces écrits j’ai l’impression de la connaître et même très bien.
Autant j’ai eu plaisir à me plonger dans la vie de ces femmes d’une époque lointaine, autant je sais que je ne lirai rien de papa et maman, pas assez de recul pour le faire.
Peut-être qu’un jour Eugénie se penchera, elle, sur les écrits de son arrière grand-mère et qu’elle regrettera de ne pas s’en souvenir.
Mais en attendant il me faut décrypter les hiéroglyphes pomponesques !