Famille, lectures, humeur du jour.

Inspirée par le livre de Pierre Assouline, « Rosebud » qui en quelques nouvelles nous raconte un éclat de vie de certains hommes célèbres, je tente depuis quelques jours de trouver quel serait l’objet qui m’identifierait le mieux. J’aime les objets, bibelots, tableaux, je collectionne beaucoup, pas de manière envahissante, tous me rappelle quelqu’un ou quelque chose mais pas un seul ne pourrait être ma signature. Depuis des semaines je cherche un stylo précis, le stylo qui écrit bien, que j’ai bien en main, impossible de le retrouver mais je n’en fais pas une obsession. Cette jolie lampe aux couleurs orangées que l’on m’a offerte me fait penser à une amie et aux bons moments passés ensemble à Cabourg ou La Napoule, cette lampe je pourrais m’en défaire si par exemple Fille Unique la voulait. En me penchant sur la question je crois que ce sont les livres dont je ne pourrais pas me passer, ceux de mon enfance qui étaient ceux de l’enfance de papa ou de Pomponette, je ne donne pas mes livres, les prête avec parcimonie, attend avec inquiétude qu’ils reviennent prendre leur place, celle où je vais les yeux fermés.
Non je n’ai pas d’objet fêtiche, mais en écrivant cela, remontent à la surface le petit pichet à carreaux bleu et blanc que j’ai toujours vu chez moi, la dînette en alu que j’ai bien fait de garder, le petit coffret d’imprimerie de mon grand-père, la balance à courrier et la cloche en cuivre pour appeler la soubrette, soubrette que je n’ai jamais eu.
Mais ou est passé le moulin à café mural qu’il y avait dans la cuisine de bonne-maman ?
Par contre je sais où j’ai rangé le petit haut en dentelle noire de mon arrière grand-mère si petit, petit que personne à part Pomponette n’a jamais pu le mettre, je saurais très bien retrouver le cendrier en bakélite de bon-papa, bien qu’un peu cassé je le garde.
De grigri point, porte bonheur, ce serait donner beaucoup trop d’importance à un vulgaire bout de quelque chose même si j’y suis très attachée, le bonheur se tricote tous les jours, un rang à l’endroit, un rang à l’envers, parfois file une maille mais on rattrape comme on peut.
Au dos des tableaux, dans les tiroirs, à l’intérieur des armoires j’écris l’historique familial du meuble. Cela ne sera-t-il pas trop encombrant pour les futurs dépositaires de cette mémoire…Ils en feront ce qu’ils voudront et peut-être que le seul Rosebud qui me rappelera à leur souvenir sera ma …casquette, j’en souris à l’avance.
Oui objets inanimés vous avez une âme j’en suis certaine ou du moins vous étes l’âme de la maison. C’est curieux mais j’ai la vague impression d’avoir déjà partagé cela avec vous. Bis repetita…tant pis.
Hier j’ai bien entamé ma liste, les lits sont faits, le ménage aussi dans les chambres, les paquets emballés, il m’en reste encore pas mal, genre un Everest de repassage.
Nous sommes dimanche et je peux clamer haut et fort que ce n’est pas mon jour fétiche, le marché incontournable se fera sous la pluie sans doute et j’entends déjà le maître mot dominical « dans une semaine c’est noêl »
Et vous avez-vous un objet qui soit votre « moi profond » avez-vous un porte-bonheur ? un petit rien qui vous ressemble tellement que l’un ne va pas sans l’autre ?