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Famille, lectures, humeur du jour.

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De la bourgeoisie au camping-car.

Dans la galerie de portraits de famille une figure se détache particulièrement : tonton Jacques, beau frêre de mon grand-père, époux de Marguerite dite tantine Margot. Comment l’at-il connu ? comment sont-ils arrivés à Carcassonne, cela se perd pour moi dans les limbes, je demanderai les détails à Pompette, par contre ce dont je me souviens parfaitement c’est d’un homme toujours pressé, sautillant plus que marchant, une idée à la seconde, pas toujours bonne mais souvent farfelue,se nourrissant à un moment de sa vie de tête de poisson, le phosphore, dont il n’avait pas besoin, un physique…comment dire, à part, une tête un peu incas, un regard de braise, tantine s’y était laissée prendre, toujours habillé comme l’as de pique, la veste penchant du côté du portefeuille, il devait transporter tous les papiers de famille dans cette poche. Excentrique, fantasque, original, les mots me manquent pour le décrire. Quelques anecdotes seront bien plus parlantes.

 

Pendant la guerre ma tante tenait comme elle pouvait une épicerie dans Carcassonne, il fallait au moins ça pour faire vivre 2 garçons, une grand-mère, une femme de ménage qui n’en n’avait que le nom, son activité pricipale boire du café avec Mémé en se moquant de tout un chacun et tous les voisins trop contents de compter Mr Jacques  et Marguerite parmi leurs amis, tous les deux étant la bonté même personne n’a trop souffert de la faim autour d’eux, ils faisaient ce qu’ils pouvaient. Le dimanche au volant d’une antique voiture hoquetante Tonton embarquait tout le monde et direction les paysans, mais avant il fallait dégonfler les pneus pour que la brinquebalante  berline, une affaire sans aucun doute, sorte du garage, c’est pourquoi au retour les passagers étaient recouverts de cageots de fruits et légumes, plus c’était lourd mieux c’était pour rentrer dans le garage.

 

« Tiens Margot j’ai acheté un chien »,

 

« Tu as bien fait où est-il »,

 

 « Il va arriver par le train d’Allemagne »

 

Ah, tantine connaît bien son mari et elle s’attend au pire. Le chien arrive dans une caisse énorme, les aboiements féroces ne font peur à personne, surtout à Mémée qui en a vu d’autres, et puis elle  a le torchon dans la main alors, il peut sortir le fauve, c’est ce qu’il fait vite pour se réfugier sous la table, il est énorme, a peur, les enfants crient, il y en a 4 maintenant, la cour est minuscule, pas du tout faite pour une famille hors norme et un chien , d’ailleurs il a compris, il choisi de se déplacer avec la table sur le dos, ça le protègera des expériences de chimie du fils qui affectionne particulièrement les explosifs.

 

Je ne sais pas ce qu’est devenu le chien.

 

Quelques années plus tard, à la suite sans doute d’une mutation tout le monde se retrouve à Brignoles, pas question de s’installer en ville, « Marguerite nous allons élever des vers à soie », je crois bien qu’ils n’ont pas survécu à l’hiver, les vers . La famille non plus d’ailleurs, retour à la civilisatin, adieu la campagne varoise.

 

Et c’est comme ça qu’un fils de bourgeois se retrouve dans les HLM de la route de Nice, 4 pièces, toujours des enfants et petits-enfants, une nièce, moi, et d’autres qui trouvaient table ouverte et oreille complaisante. Table ouverte d’accord mais attention quand on a des garçons toujours affamés il faut prendre des mesures draconniennes, Tonton a une armoire, qui ferme à clé, certes, mais n’a plus de vitres, un rideau est la seule barrière aux vandales, c’est curieux le chocolat disparaissait toujours.

 

Tonton à un sens très particulier de l’ordre, la peau de banane se retrouve toujours balancée sur le haut de ladite armoire,unrite auquel il n’a jamais failli, ce qui me faisait hurler de rire. A 70 ans il fait le clown en chemise et bermuda tahitiens sur le balcon, mais ne comprend pas qu’en ville on le dévisage un peu, il porte par-dessus la chemise sa veste coffre-fort et les chaussures de ville avec chaussettes noires, vous voyez le tableau.

 

A la plage son premier geste dés qu’il est dans l’eau est d’enlever son maillot et de le brandir bien au-dessus de sa tête, pour que les enfants aient bien honte…

 

A la fin de sa vie il s’est découvert une passion pour le camping-car, un combi VW, bricolé par ses soins, pas minutieux le tonton et pas très bricoleur, il  a voyagé quelques années la dedans avec tantine qui aurait sans doute préféré une retraite plus paisible.

 

Bizarrement ce véhicule ne connaissait qu’une seule direction ,l’Espagne ou rien. Jamais nous ne l’avons vu en Seine et Marne, beaucoup trop au nord pour lui, Perpignan à la rigueur et encore…

 

 Beau parleur, charmeur, dragueur, un spécimen rare cet homme (non pas tant que ça), il n’est plus là pour nous faire rire mais heureusement son fils aîné est toujours prompte à démarrer quand on met 2 sous dans le bastringue, la phrase magique étant « Léon raconte comment ton père a fait pour… » Et c’est parti pour la saga. Léon est intarissable et les aventures avunculaires nombreuses et savoureuses. Faudrait que nous les enregistrions.

 

Avouez quand même que ça change des actes de canibalisme dans les prisons, des dames en blanc sur la muraille de Chine, des sondages qui sondent n’importe quoi de préférence et des abeilles qui ne peuvent pas hiberner et d’un voyou à la belle gueule qui fait l’ouverture des journaux TV parcequ’il a fait quelques films et qu’il a écopé d’un mois de prison. Y a peut-être des choses plus importantes à disséquer, non ?

 

C’est dimanche, c’est le marché, c’est tout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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L
Merci ;-) ça fait du bien...
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B
Tant mieux.
F
Ah comme j'aime ce Tonton, et ce billet ; il devait avoir des liens familiaux avec certains de ma famille ! Merci MAB.
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B
Peut-être un peu tonton Cristobal-flingueur
M
Lilounette, ravie que tu aies passé un bon moment.
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M
Jeannot, merci de ta visite, je tenterai encore.<br /> Karmara, les anonymes ne le sont pas pour tout le monde et les vies sans histoires ne sont pas moins intéressantes pour les proches.<br /> Maky, j'avais oublié.
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M
Mab, tu oublies la méthode de cuisson des oeufs sur le plat...Une gazinière, une poële bien chaude avec du beurre qui pétille dans la cuisine, lui, les oeufs en main qui n'ose pas s'approcher de peur de se bruler...et enfin se lance !!!Les oeufs ont vite fait d'être cuits, le beurre continue d'éclabousser à un mètre à la ronde.La méthode pour les remuer ?Une grande fourchette dont la queue est attachée par une ficelle à une rallonge de bois (Type balayette)Il ose alors une avancée, style picador, remue les oeufs de loin...Approche son assiette d'une main et de l'autre, la rallonge toujours en main...tire les oeufs dans l'assiette.Oufff !
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