Famille, lectures, humeur du jour.
Bien doux est le temps du mariage, un premier enfant, Robert dit Robby, né le 18 janvier 1894 vient enrichir notre foyer, brun comme son père il nous comble totalement, chez mes frères et sœur aussi les enfants nombreux agrandissent notre famille. Une petite Odette viendra en 1897 nous illuminer des ces yeux si bleus et de sa blondeur, aussi dorée que Robby est « pruneau ».

Paris est toujours un immense chantier, l’Exposition Universelle de 1900 se prépare à grands coups d’excavations, de bruits et souvent d’accidents mortels pour les ouvriers. Le pont Alexandre III, le Grand et Petit Palais sortent de terre, les 2 gares d’Orsay aussi, autant de choses qui sont prétexte à promenades.
Les vacances se passent toujours chez papa et maman, grand-parents d’une vingtaine de petits-enfants qui galopent dans les couloirs, courent les champs, apprennent à chasser, pécher et donnent bien du tracas aux gouvernantes et précepteurs. J’aime particulièrement ces moments en famille où frères et sœurs se retrouvent comme au temps de l’enfance. Temps béni bien trop court.
Odette est une charmante petite fille en admiration devant Robby, tous les deux nous donnent d’immenses satisfactions par leur seule présence.
Nous en sommes en 1906, le mois de mai est chaud, mon Léonce est rentré fatigué, après un repas léger il va se coucher avec la dernière cigarette de la journée et de sa vie. Il a 42 ans, j’en ai 38, je suis veuve avec 2 enfants de 12 et 9 ans le ciel vient de s’écrouler sur nos têtes, plus rien ne sera jamais pareil, la mort vient de faire son entrée dans ma vie, avec ses longs voiles noirs elle va s’installer pour longtemps.
Jeanne est choyée par toute sa famille, certes ses frères vont lui écarter tous soucis, vont l’entourer de leur affection, mais personne ne peut remplacer un mari et un père. La semaine prochaine sa fille Odette qui nous a laissé une correspondance fournie prendra sa place.