Sans déposer de factures, sans les publicité habituelles, le facteur est passé, même sans lunettes je sais d’où vient la lettre, une bonne lettre, au poids il y a au moins 2 pages, écrites bien
serrées et pleines de détails, une lettre comme avant.
Sans l’ouvrir je sais ce qu’elle contient, des remerciements à n’en plus finir pour une toute petite attention.
Tante Préférée est comme ça, un rien lui fait plaisir mais elle ne se doute pas un instant à quel point sa lettre va nous combler.
Comme avant elle donne des nouvelles de tout son monde, 4 filles, 6 petits-enfants, un arrière petit-fils, elle a de quoi remplir des pages.
Tante préférée a 87 ans, l’esprit alerte, la moquerie toujours prête à fuser, elle vit seule mais entourée de l’affection des siens.
La lettre écrite sur 2 jours raconte aussi les cérémonies du 11 novembre aux quelles elle assistait enfant avec papa, leur grand-mère leur mettait des journaux sous les pieds pour les protéger du
froid car écrit-elle à cette époque les enfants étaient jambes nues toute l’année.
Elle dit aussi qu’un de ses grands bonheurs en tant que grand-mère a été d’acheter des chaussons à ses petits, comme moi et comme elle j’ai re-re regardé avec toujours le même plaisir « Et au
milieu coule une rivière ».
Elle n’oublie de mentionner que ces soirées passent vite, pour nous rassurer, que ses filles téléphonent souvent et bien sûr elle termine en parlant du « beau Maky » celui qui la fait rire et
qui du temps où les radars étaient moins vigilants lui offrait une petite pointe de vitesse qui l’enivrait de joie.
Une vraie lettre, du vrai papier, un timbre c’est quand même mieux qu’un email.
Ce matin je sais que sa fille de Fos va lui lire le blog au téléphone et Tante Préférée dira « Je n’aime pas que l’on parle de moi »