Famille, lectures, humeur du jour.
Pas de jardinage hier, pluie, pluie, pluie ert froid.Afin de mieux répondre à vos commentaires d’hier je fais un petit retour en arrière.
En 1948 Papa et nous quittions le midi, mes grands-parents et il prend ses fonctions de surveillant général dans un IMP pour en enfants « arriérés » C’est ainsi qu’à cette époque on appelait les jeunes qui avaient un retard scolaire important, ceux qui avaient subi les traumatismes de la guerre, les orphelins qui étaient à l’assistance publique et les cas sociaux qu’il valait mieux couper de leur famille. J’avais 4 ans, seul le directeur possédait une voiture, les tickets de rationnement existaient encore, nous étions logés, nourris, chauffés et blanchis, une aubaine. L’institut se trouvait, et se trouve encore, dans un environnement magnifique, un château entouré d’hectares de forêt. 110 garçons venus de la France entière qui pour certains vont rester de 6 à 18 ans, oubliés par leurs parents. Dortoirs chauffés, nourriture abondante, scolarité et apprentissage d’un métier. Juste après la guerre il faut bien dire que certains avaient vécu des horreurs, les petits de 6 ans étaient bien jeunes pour vivre en internat, mais tout ce passait bien. Pas de violence comme on peut en voir de nos jours, de temps en temps une bonne bagarre générale qui finissait à l’infirmerie. Des enfants caractériels mais non dénués d’une certaine intelligence pour la grande majorité le terme « arriéré » n’était pas approprié, plus tard on a dit « débile léger ». Aujourd’hui ils seraient dans des classes de perfectionnement. Malins, débrouillards, gentils et attachants, sont les mots qui me viennent à l’esprit.
Quand moi-même y est commencé à travailler, ils sortaient tous de l'IMP en sachant lire et écrire, avec un
métier : peintre, jardinier, maçon, cordonnier, cuisinier, ils trouvaient facilement un emploi.
Mariée et enceinte jusqu’aux yeux ils me disaient toujours « Mzelle Marie-Blanche », quand Fille Unique a eu 1 an c’est avec eux qu’elle a fait ses premiers pas. Issus de familles
nombreuses, ils avaient une expérience des petits qui me faisait parfois défaut.
J’en ai revu beaucoup, certains avec femme et enfants, un travail, une voiture, ça fait plaisir.
Mais quand je dis que maintenant ils ne disent plus bonjour ni merci, je parle de ceux d’aujourd ‘hui que je vois passer régulièrement, j’ai de façon sporadisque des échos sur ce qui se
passe la-bas, la direction ne cesse de changer, les familles sont plus présentes certes, mais il vaudrait mieux pour certains ne pas y aller s’affaler devant la télé tous les week-end. L’institut est mixte maintenant, les cas plus lourds qu’avant, les activités pas adaptées, à mon avis, à leur futur. Est-ce bien
nécessaire de leur donner le goût de l’équitation ou du golf ?